Etude phytochimique et antifongique de deux plantes du Sud du Maroc : Asteriscus graveolens subsp. odorus (Schousb.) Greuter et Asteriscus imbricatus (Cav.) DC.
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Université Ibnou Zohr, Faculté des Sciences, Agadir
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Ce travail s’intéresse à l’étude phytochimique et à l’activité antifongique de deux espèces du
Sud du Maroc appartenant à la famille des Asteraceae : Asteriscus graveolens subsp. odorus
et Asteriscus imbricatus.
La partie phytochimique effectuée pour la première fois a pour objectif principal l’extraction,
la séparation, la purification et la caractérisation par les différentes méthodes
spectroscopiques de la structure chimique des flavonoïdes et des lactones sesquiterpèniques
majoritaires d’Asteriscus graveolens subsp. odorus et Asteriscus imbricatus.
Le screening phytochimique des feuilles et des fleurs d’Asteriscus graveolens subsp. odorus
et Asteriscus imbricatus a révélé la présence des alcaloïdes, des flavonoïdes, des tanins
catéchiques, des terpènes, des coumarines et des composés cyanogénétiques. Quand aux
saponines et les quinones libres, ils sont présents dans les fleurs d’Asteriscus graveolens
subsp. odorus et Asteriscus imbricatus et ils sont absents dans les feuilles des deux plantes. La
caractérisation des molécules par spectrophotométrie UV a révélé la présence de l’acide
caféique, névadensine, lutéoline et artemétine dans les feuilles d’Asteriscus graveolens subsp.
odorus. Quant aux feuilles d’Asteriscus imbricatus, on note la présence de l’artemétine tandis
que d’autres molécules sont purifiées et en cours d’identification. L’extraction suivie de
séparations et de purifications en combinant diverses techniques chromatographiques et
d’analyse spectrale a conduit à une nouvelle lactone sesquiterpène nommée naupliolide (C1)
avec un nouveau squelette tétracyclique. Plusieurs composés connus : 6,7,9,10-
tetradehydroasteriscanolide (2) et asteriscunolides (3a, 3b, 3c et 3d) ont été identifiés.
L’analyse de l’huile essentielle d’Asteriscus imbricatus par GC-MS, effectuée pour la
première fois, a montré la présence des produits majoritaires : thymol isobutyrate, 2,5-
dimethoxy-p-cymène, α-pinène et cis-chrysanthenyle acétate. Quant à Asteriscus graveolens
subsp. odorus, elle présente une quantité très élevée en 6-oxocyclonerolidol et l’epi-α-cadinol
et une faible quantité en α-pinène, humulene epoxyde II, α-bisabolone oxide, bisabolone, α-
humulene, myrtenylacetate et trans-chrysanthenyle acétate.
L’étude biologique d’Asteriscus graveolens subsp. odorus et Asteriscus imbricatus s’inscrit dans le
cadre de la recherche d’une démarche préventive de lutte intégrée visant à la réduction significative de
l’utilisation des pesticides et en particulier les fongicides.
L’étude statistique de l’effet antifongique des extraits éther de pétrole et acétate d’éthyle a montré une
spécificité très marquée pour le champignon Penicillium digitatum plus que le champignon
Penicillium expansum aussi bien pour les feuilles que pour les fleurs d’Asteriscus graveolens subsp.
odorus. Il est important de noter que le choix de ces champignons est principalement dû aux dégâts
causés dans les stations de conditionnements et les serres de la région d’Agadir. Par ailleurs, l’huile
essentielle de cette plante a montré un effet fongistatique sur Penicillium digitatum, contrairement à
l’huile d’Asteriscus imbricatus qui présente un effet fongicide sur les champignons Penicillium
digitatum et Botrytis cinerea. Les différentes concentrations de l’acide caféique se sont montrées très
efficaces sur Botrytis cinerea. Quant aux trois flavones : la névadensine, la lutéoline et l’artemétine,
elles semblent avoir un effet contre de Botrytis cinerea, Penicillium digitatum et Penicillium
expansum, respectivement. Ainsi, nous avons montré que le naupliolide a révélé une forte inhibition
sur Botrytis cinerea, Penicillium digitatum et Penicillium expansum. Quant à la molécule
asteriscunolide 3c, elle a montré un effet remarquable sur Botrytis cinerea. Nous avons noté aussi que
l’α-pinène présente le meilleur effet inhibiteur pour les concentrations de 50 jusqu’à 1000 ppm sur
Botrytis cinerea. Quant au thymol isobutyrate, il est le plus efficace à la concentration 2000 ppm sur le
même champignon. Ce même composé avec le 2,5-dimethoxy-p-cymene, sont les plus efficaces sur
Penicillium digitatum.
Description
Keywords
Biotechnologie végétale, Activité antifongique, Asteriscus graveolens subsp. odorus, Asteriscus imbricatus, Champignon pathogène, Phytochimie