La neutropénie chez l’enfant : Approche étiologique ( A propos de 95 cas )
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Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Faculté de Médecine et de Pharmacie, Fès
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Abstract
La neutropénie en milieu pédiatrique est assez fréquemment retrouvée. Cette
anomalie biologique à expression clinique revêtant la forme d’infection à
prédominance pulmonaire, cutanéomuqueuse ou encore stomatologique peut
rentrer dans le cadre d’une pathologie plus complexe.
L’objectif de ce travail est d’étudier les paramètres épidémiologiques,
cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutifs ; d’évaluer l’intérêt et la
hiérarchisation de la réalisation des différents examens paracliniques à visée
étiologique, et la place du bilan bactériologique au cours des épisodes de
neutropénie fébrile chez l’enfant, ainsi que d’identifier les difficultés de prise en
charge propres à notre contexte.
Au cours de notre étude rétrospective réalisée au service de pédiatrie du CHU
Hassan II de Fès durant la période allant de janvier 2009 à août 2010, nous avons
analysé les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, biologiques,
thérapeutiques et évolutifs de la neutropénie. Nous nous sommes intéressés à tous
les enfants hospitalisés chez qui une neutropénie a été objectivé durant leur période
de séjour hospitalier, nous avons ainsi relevé 95 cas de neutropénie parmi les 1660
enfants hospitalisés, soit une incidence hospitalière globale de 5.6%.
On a relevé une nette prédominance masculine (62% des cas), l’âge de
survenue variait entre 1 mois et 17 ans, avec un maximum de cas observés chez les
moins de 5ans (42%). Un antécédent de prise médicamenteuse a été retrouvé chez
22% des cas essentiellement sous forme de chimiothérapie cytotoxique. Le motif
principal d’hospitalisation était représenté par la fièvre (73.6% des cas).
La neutropénie n’était isolée que dans 17.8% des cas, dans la plupart du
temps elle rentrait dans le cadre d’une pancytopénie et était plutôt sévère (57.8%
des cas).
La principale étiologie à cette neutropénie retrouvée dans notre série était la
leishmaniose viscérale infantile (40% des cas), suivie de la neutropénie secondaire à
l’utilisation de chimiothérapie cytotoxique (22% des cas). Par ailleurs, nous n’avons
retrouvé aucun cas de neutropénie constitutionnelle primitive.
Le bilan infectieux a été réalisé chez la quasi-totalité des patients, l’infection
n’a été microbiologiquement documentée que chez 21% des cas.
Près de 80% des enfants ont bénéficié d’une antibiothérapie parentérale
essentiellement à base de l’association C3G/Aminoside, un traitement étiologique a
été instauré chez 88% des cas de LVI à base de N-Methyl-Glutamine, une
corticothérapie a été nécessaire chez 10 cas environ.
L’évolution a été marquée par la survenue d’un décès dans 12% des cas, une
rechute chez 12% des cas, et l’obtention d’une rémission dans 43% des cas
essentiellement atteints de LVI.
Au terme de ce travail, nous insistons sur la nécessité de la prise en charge
rapide et adaptée de l’urgence hématologique que représente la neutropénie fébrile
par une antibiothérapie empirique adaptée après enquête bactériologique, sans
oublier l’importance de la prophylaxie basée principalement sur les mesures
d’hygiène cutanéomuqueuse et l’information-éducation des parents à propos du
risque infectieux et les moyens de prévention.
Description
Keywords
Médecine, Neutropénie, Fièvre, Leishmaniose viscérale, Hémogramme, Médullogramme, Enfant, Pédiatrie