Qualification des sites astronomiques : Nouvelle approche par l'utilisation des données satellitaires et météorologiques
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Université Cadi Ayyad, Faculté des Sciences - Semlalia, Marrakech
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Un souci majeur pour la communauté des astronomes est de trouver les meilleurs sites sur terre propices
aux observations astronomiques, là où le ciel est le plus clair et l’atmosphère la moins turbulente.
Les mesures satellitaires et les bases de données météorologiques, en scannant la terre entière, constituent
un outil incontournable pour l’aide à la prise de décision concernant la pré-sélection de sites
astronomiques.
Le présent travail s’inscrit dans ce cadre là : il s’agit de développer des outils pour la qualification des
sites astronomiques en utilisant les mesures satellitaires et les bases de données météorologiques. Il s’agit
de deux thématiques différentes. Les mesures satellitaires concernent la caractérisation de la teneur en
aérosols affectant la transparence du ciel, alors que les bases de données météorologiques concernent les
paramètres qui affectent la turbulence optique et particulièrement le vent à 200 mbar.
Concernant le premier thème, nous avons essayé de répondre à deux questions primordiales : 1)
est ce que le produit satellitaire est fiable ? 2) Si oui comment remonter à l’épaisseur optique en altitude ?
Pour cela nous avons utilisé six stations AERONET fournissant des mesures au sol diurnes d’épaisseur
optique, ainsi que la base de données du CAMC fournissant des mesures au sol nocturnes d’extinction
atmosphérique. Nous avons choisi les produits satellitaires les plus populaires tels que TOMS EP, TOMS
OMI, MISR, Terra MODIS et Aqua MODIS.
A travers l’étude des régressions linéaires entre les différentes mesures au sol et les différentes mesures
satellitaires, nous concluons que les mesures satellitaires sont certainement très utiles pour la
qualifications des sites astronomiques.
L’étude de deux sites suffisamment rapprochés mais l’un á basse altitude (52m, Santa-Cruz) et l’autre à
haute altitude (2367m, Izana) nous a permis d’établir une série de relations empiriques permettant de
remonter à l’extinction en altitude. Par ailleurs l’étude d’un autre site, La Laguna, non loin des deux
premier mais à 568m d’altitude nous a permis d’affiner les résultats. En effet nous avons noté une
décroissance exponentielle de l’épaisseur optique des aérosols en fonction de l’altitude.
Bien que dans notre approche nous nous soyons limité au territoire contenant le Maroc et les Iles
Canaries, la démarche pourrait s’exporter facilement à tous les endroits sur terre.
Dans un autre volet et pour faciliter la caractérisation des sites, sachant que le vent à 200 mbar
est le plus violent sur terre, nous avons cherché son impact sur les paramètres astro-climatiques.
A travers l’étude du seeing mesuré à l’aide du DIMM (Differential Image Motion Monitor) à
Oukaimeden, Paranal et La Silla, nous concluons que le vent à 200 mbar façonne l’effet saisonnier du
seeing mais il n’est toutefois pas un critère robuste pour estimer le seeing. L’étude des données du MASS
(Multi Aperture Scintillation Sensor) à Paranal nous a permis de remarquer : 1) des corrélations entre le
vent à 200 mbar et le seeing des niveaux 5 et 6. 2) une tendance exponentielle du temps de cohérence
avec la vitesse du vent à 200 mbar. 3) une anti-corrélation entre l’angle d’isoplanétisme et la vitesse du
vent à 200 mbar. 4) la vitesse du vent à 200 mbar façonne l’allure annuelle du seeing des niveaux 4, 5, et
6, ainsi que celles de l’angle d’isoplanétisme et du temps de cohérence.
Description
Keywords
Sciences physiques, Astrophysique, Qualification, Site astronomique, Satellitaire, Météorologique