Etude de l’effet des phytobiotyques sur les paramètres zootechniques dans l’élevage des lapins au Maroc
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Université AbdelMalek Essaadi, Faculté des Sciences et Techniques, Tanger
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Dans un marché très compétitif où le bénéfice est la motivation essentielle de toute entreprise, les
éleveurs ont recours aux antibiotiques aussi bien comme traitement que comme prévention, pour
garantir une production meilleure surtout avec la grande sensibilité des lapereaux aux infections
notamment digestives responsables de mortalités importantes. Ceci engendre une présence de résidus
médicamenteux dans la viande destinée à la consommation et par conséquent une nuisance énorme à
la santé humaine par l’induction directe de la résistance bactérienne. Mais suite à l’interdiction de
l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissances dans l’alimentation animale par l’Union
Européen en 2006, de nouveaux additifs alimentaires permettant de retrouver les performances de
croissance des animaux et de réduire l’incidence des pathologies gastro-intestinales ont été proposés
notamment les phytobiotiques. Notre travail se porte pour objectif la substitution des plantes
médicinales et aromatiques et leurs huiles essentielles aux antibiotiques comme facteur de croissance
dans l’élevage de lapins.
Au cours d’une première expérience trois plantes médicinales et aromatiques, l’Origanum compactum,
le Thymus capitatus et les feuilles du Foeniculum vulgare, ont été utilisées à une dose de 5% pour
déterminer leurs effets sur les paramètres zootechniques des lapins après sevrage. L’addition des
plantes médicinales dans l’alimentation des lapins a entrainé une diminution du taux de mortalité
d’environ 40% par rapport au témoin. Les lapereaux ayant reçu l’aliment enrichi avec le thym ont eu
un poids maximum à l’âge de l’abatage. Dans une seconde expérience le taux d’incorporation du thym
dans l’aliment T a été élevé à 7%. Le taux utilisé de la plante ajoutée dans l’aliment a affecté
négativement le poids, le gain du poids et la consommation et il a même augmenté le taux de
mortalité. Le nombre de C. perfringens dans le cæcum a diminué après 10 jours de traitement alors
qu’il n’a pas pu être déterminé après 25 jours de traitement. Dans la troisième expérience, l’effet d’un
aliment supplémenté par 2,5% des graines du Foeniculum vulgare et du Rosmarinus officinalis a été
étudié. L’addition de la combinaison de ces deux plantes n’a pas affecté les différents paramètres
zootechniques des lapins et n’a pas influencé le nombre d’Escherichia coli et des bactéries sulfitoréducteurs
dans le cæcum. Dans la quatrième expérience, l’addition de 2,5% des plantes médicinales
dans l’alimentation des lapins a diminué le taux de mortalité de 46 % pour le groupe du fenouil, de
60% pour le groupe du thym et de 74 % pour le groupe du fenouil-thym par rapport au témoin positif
et négatif. Entre le sevrage et 49 jours d’âge, l’addition de la bacitracine et des plantes médicinales a
influencé positivement le poids et le taux de croissance des lapins. Les lapereaux qui ont reçu l’aliment
enrichi avec 2,5 % du thym présentaient un indice de conversion plus bas par rapport aux autres
groupes, par contre, les rendements de la carcasse et du foie sont supérieurs après 25 jours de
traitement pour le groupe fenouil-thym. Le nombre de colonies du Clostridium perfringens dans le
cæcum du groupe thym a diminué significativement à cet âge. Dans la cinquième expérience, l’effet
d’oxytétracycline dans l’eau de boisson et de l’aliment supplémenté par 2,5% de l’huile essentielle du
fenouil et du thym sur les lapins a été analysé. L’addition d’antibiotique comme facteur de croissance
dans l’eau de boisson des lapins a amélioré le poids, le rendement de la carcasse, cependant l’aliment
supplémenté par l’huile essentielle du thym et des graines de fenouil a diminué la mortalité. Pour
interpréter l’impact de nos phytobiotiques sur la concentration de quelques bactéries cæcale, l’activité
antibactérienne in vitro de nos huiles essentielles a été étudiée. Les résultats on révélé l’efficacité des
huiles essentielles du Thymus capitatus et d’Origanum compatum vis-à-vis des deux souches
bactériennes Escherichia coli et Clostridium perfringens alors que les huiles essentielles des feuilles
et des graines du Foeniculum vulgare et du Rosmarinus officinalis expriment une faible activité
antibactérienne.
Les mécanismes d’action des phytobiotiques restent encore mal connus, mais grâce aux nombreuses
molécules actives de ces phytobiotiques influençant l’activité bactérienne, ils pourraient être liés à une
action directe sur le microbiote digestif. On a pu mettre en évidence que nos phytobiotiques ont
amélioré les performances zootechniques et qu’ils ont réduit la mortalité. Ces premiers résultats sont
très prometteurs, et ces phytobiotiques pourraient alors être utilisé comme facteur de croissance
Description
Keywords
Biologie, Biotechnologie, Phytobiotique, Lapin, Antibiotique, Facteur de Croissance, Paramètre zootéchnique, Microbiote digestif