Développement d'un référentiel d’évaluation de la durabilité des bâtiments résidentiels au Maroc

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Faculté des Sciences - Dhar El Mahraz - Fès

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Le secteur de la construction des bâtiments au Maroc, connaît une croissance considérable (2100000 unités du logement social pour la période 2010-2023) et la création de villes nouvelles. Les bâtiments, en raison de leur construction et leur utilisation, ont un impact considérable sur la dégradation de l’environnement. Ce constat a conduit au concept de « Bâtiment vert », relativement récent au Maroc. Cette émergence du bâtiment vert nécessite la mise en place d’une réglementation appropriée et des référentiels d’évaluation et de certification des bâtiments verts. Cependant, l’adoption et la mise en oeuvre de ce concept « Bâtiment vert » connait une certaine réticence liée à plusieurs obstacles dans la plupart des pays en développement, en particulier pour le Maroc. De plus, les référentiels internationaux existants, tels que : BREEAM, LEED et HQE semblent inadaptés aux pays en développement. Une approche méthodologique mixte (quantitative et qualitative) a été adoptée. Les données ont été collectées à l’aide d’une analyse scientométrique, enquête par questionnaire, entretien non structuré et des études de cas. Les résultats de l’analyse scientométrique révèlent une augmentation de la production scientifique sur la thématique des bâtiments verts depuis l’année 2010 au niveau de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). Les contributions les plus significatives à la recherche sur la durabilité des bâtiments ont été publiées principalement par les pays de l’Arabie saoudite (27 articles), des Émirats arabes unis (16) et de l’Iran (15). En revanche, les laboratoires de recherche au Maroc n’ont publié que deux articles liés à la thématique « Bâtiment vert ». Cela montre que le concept « Bâtiment vert » au Maroc est encore à ses débuts. Ceci est d’autant, confirmé par le faible nombre des bâtiments verts certifiés au Maroc entre 2014-2022 (65 HQE, 8 LEED et 1 BREEAM) et l’absence d’une réglementation spécifique au bâtiment vert. Un sondage de 167 participants représentant quatre groupes de professionnels de différentes régions du Maroc, a permis d’en identifier 12 obstacles et 16 moteurs. Parmi les obstacles critiques identifiés, on citera notamment : B2. « Manque de soutien gouvernemental », B7. Complexité du projet » et B4. « Coûts d’investissement élevés ». En ce qui concerne les principaux moteurs pour les surmonter, on peut mentionner M3 « Réglementation complète du bâtiment vert » incite les acteurs du secteur bâtiment à intégrer des exigences et les standards auxquels les bâtiments doivent se conformer pour être considérés comme durables. Ainsi que le moteur M11. « Incitations financières et non financières » pour encourager les acteurs de la construction à s’engager dans des projets verts. Dans la deuxième partie de la thèse, nous avons élaboré un référentiel d’évaluation de la durabilité des bâtiments résidentiels (Building Sustainability Assessment Framework : BuSAF) basé sur les trois piliers de développement durable (« Environnemental », « Social » et « Economique »). Afin de sélectionner les catégories d’évaluation les plus pertinentes, deux tours de questionnaire ont été réalisé par la technique Delphi. Les catégories clés possédant un niveau d’importance élevé (≥ 3.50) ont été retenues pour élaborer le référentiel BuSAF, constituant 7 catégories environnementales, 3 catégories économiques et 3 catégories sociales contrairement aux référentiels existants (HQE, BREEAM, Mostadam, etc.) qui se concentrent sur le pilier environnement. Dans la suite du travail de cette thèse, nous avons choisi de se focaliser sur le pilier environnemental du référentiel BuSAF. La troisième phase a consisté en une analyse hiérarchique (AHP) permettant de déterminer les coefficients de pondération des 7 catégories et des 29 sous-catégories environnementales. Les résultats obtenus ont mis en évidence que l’« Efficacité énergétique » était classée comme la catégorie la plus importante avec 24 % du poids, suivie de près par la catégorie « Eau » avec 19.50 %, suivie par « Site et écologie » avec 13.90 %. La pondération la plus faible a été attribuée à la catégorie « Gestion des déchets solides » avec 8.20 %. En parallèle, pour chaque sous-catégorie, nous avons élaboré des fiches descriptives pour chaque critère d’évaluation correspondant. L’évaluation des différents critères des sous-catégories et des catégories du référentiel BuSAF(Env), ainsi élaborée permettra une classification de chaque bâtiment résidentiel évalué en cinq niveaux : « Non classé », « Acceptable », « Bon », « Excellent » et « Exceptionnel». Afin de tester le référentiel BuSAF(Env), il a été appliqué sur deux maisons marocaines modernes se distinguant en termes de localisation et de modèle de construction : d’une part, un bâtiment dit « Autonome » à Rabat avec un score de performance 69.33 % classé « Bon », et d’autre part le bâtiment « DEFI » à Tafrouat ayant obtenu un score de 17.33 % (Non classé). L'analyse des résultats de ces deux études de cas souligne que le bâtiment « DEFI » met surtout l'accent sur la performance énergétique, tandis que les autres aspects présentent des performances insuffisantes en raison d’une conception non durable. Ensuite, les résultats de deux études de cas basées sur le référentiel BuSAF(Env) ont été comparés aux évaluations obtenues à l’aide de trois principaux référentiels internationaux : HQE, LEED et BREEAM (Approche multi-évaluation). Les résultats de cette comparaison ont montré une convergence avec la multi-évaluation pour les deux bâtiments « DEFI » et « Autonome », à l'exception de la catégorie « Pollution ». Cette divergence est principalement due à des différences dans la méthode d'évaluation et l'échelle de notation. En conclusion, les résultats de ce travail de thèse ont permis de contribuer à une meilleure compréhension du concept « Bâtiment durable » dans le contexte marocain, ainsi que la proposition d’un projet du référentiel adapté pour l’évaluation de la durabilité des bâtiments résidentiels au Maroc. Enfin, ce travail recommande un certain nombre d’actions et de mesures à déployer au niveau national afin de favoriser l’émergence et le développement des bâtiments verts.

Description

Keywords

Bâtiment vert, Triple Bottom Line, Building Sustainability Assessment Framework, analyse scientométrique, Delphi, Moyen-Orient et Afrique du Nord

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