La protoporphyrie erythropoiétique : Etude bibliographique : Clinique, biologique et moléculaire

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Université Hassan II, Faculté de Médecine et de Pharmacie, Casablanca

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La protoporphyrie érythropoïetique est une génodermatose rare, décrite par Magnus en 1961. Elle est liée à une diminution de l'activité de la ferrochélatase, responsable de l'incorporation de la protoporphyrine dans l'hème ; elle est la première cause de la porphyrie chez l'enfant. Son incidence est estimée entre 1/75 000 et 1/200 000 habitants. Le gène codant pour la ferrochélatase est localisé sur le chromosome 18q 21.3. Les manifestations cliniques dans la PPE sont directement en rapport avec la surproduction et l'accumulation de la protoporphyrine au niveau des cellules. Le symptôme clinique principal est la photosensibilité. L'évolution est habituellement favorable avec accalmie des poussées à l'âge adulte. La principale complication est l'atteinte hépatique (syndrome de choléstase et cirrhose) qui peut évoluer rapidement vers l'insuffisance hépatique sévère voir fatale. Autres complications (neurologique, pancréatique et maladies myelodysplasique) sont rares. Le diagnostic, suspecté cliniquement, est confirmé biologiquement par une franche élévation des protoporphyrines dans les érythrocytes et/ou dans les selles. Le dosage de l'activité de la ferrochélatase n'est pas demandé en pratique courante. L'exploration photobiologique est souvent négative et peu contributive. Les dépôts d'IgG, d’IgM et du complément sont observés en immunofluorescence, au niveau de la paroi vasculaire, et parfois au niveau de la jonction dermo-épidermique. L'examen anatomopathologique est peu spécifique. Une anémie microcytaire est présente dans 20 à 50% des cas. La PPE se distingue principalement des autres porphyries cutanées (la coproporphyrie érythropoïetique) par l'absence d'élévation des porphyrines urinaires ainsi que quelques maladies à photosensibilité (lupus). Les mesures thérapeutiques sont limitées. L'éviction solaire constitue la mesure préventive principale. Les traitements à base des carotènoïdes (bêta carotène et canthaxanthine) sont souvent prescrits. Autres traitements (anti-paludéens de synthèse, vitamine C, vitamine E, zinc…) sont proposés ; désormais les résultats sont incertains. Une photothérapie pourrait être une bonne alternative, s’il y a échec des autres modalités thérapeutiques. L'indication de la colestyramine et de la transplantation hépatique dépend du degré de l'atteinte hépatique. Dans l'avenir, la thérapie génique sera capable de proposer un traitement définitif de la PPE. Actuellement, malheureusement, la PPE reste souvent méconnue. Le rôle du dermatologue paraît, par conséquent, essentiel dans cette affection, pour autoriser essentiellement une prévention précoce des complications hépatiques.

Description

Keywords

Médecine, Protoporphyrie erythropoiétique, Protoporphyrine, Ferochelatase, Porphyrie, Etude bibliographique, Clinique, Biologique, Moléculaire

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