Études écologiques, biologiques, phytochimiques et évaluation de certaines activités biologiques et pharmacologiques de Juniperus thurifera subsp. africana (Maire) Gauquelin dans le Moyen Atlas

fr
Loading...
Thumbnail Image

Journal Title

Journal ISSN

Volume Title

Publisher

Faculté des Sciences - Dhar El Mahraz - Fès

Department

Supervisor

Date

Abstract

Juniperus thurifera subsp. africana, l’espèce providence des écosystèmes montagnards marocains, est aujourd'hui menacée par une dégradation accrue de son habitat. Cette situation a des répercussions graves sur l'équilibre écologique et sur les services économiques des zones qu'elle occupe. En adoptant une approche pluridisciplinaire intégrée mêlant écologie, phytochimie, et pharmacologie, cette étude vise une meilleure connaissance de l’espèce pour une conservation durable. Les investigations écologiques et dendrométriques menées au niveau de Jbel Lakraa montrent que l’impact de la dégradation sur J. thurifera se manifeste principalement par une altération de la structure populationnelle et de la capacité de régénération de l’espèce; et que les différentes formes de dégradation influencent directement la production de graines et la rétention des sols, deux éléments cruciaux pour la régénération. La pression anthropique exacerbe ces problèmes, compromettant la capacité de l’espèce à se régénérer efficacement. Ces résultats signalent l'urgence de protéger les habitats de qualité afin de permettre à J. thurifera de maintenir ses processus de régénération naturelle. Une étude comparative de deux sites du Moyen Atlas, Aghbalou N’Arbi et Jbel Lakraa, révèle des différences significatives dans la régénération naturelle de J. thurifera. Aghbalou N’Arbi offre un environnement riche et un microclimat favorable, ce qui favorise la régénération. En revanche, Jbel Lakraa fortement dégradé, présente des conditions défavorables qui nuisent à la survie des jeunes plants. Ces résultats illustrent clairement que la qualité de l’habitat est déterminante pour la régénération de l’espèce. L'analyse phytochimique des huiles essentielles par GC/MS de différentes parties de Juniperus thurifera a révélé 30 composés dans les feuilles, dominés par l'α-Thujene et l'Élemol ; et 7 composés dans l’écorce dominés par le Muurolol; 11 composés dans les fruits dominés par l'Élemol. Les huiles essentielles des feuilles ont montré une forte activité antioxydante (IC50 : 23,6 μg/mL) et antibactérienne contre Pseudomonas aeruginosa et Staphylococcus aureus. De même, l’analyse des extraits par HPLC a révélé des composés bioactifs spécifiques, notamment l’acide férulique, l’acide gallique et l’acide urocanique dans les feuilles, l'acide urocanique dans les écorces et l'acide gallique et la vanilline dans les fruits. Les extraits des feuilles ont montré une forte activité antioxydante (IC50 : 43 μg/mL) et une activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus (CMI : 38,9 μg/mL), les extraits d'écorces ont montré des propriétés antifongiques, notamment contre Aspergillus niger et Candida albicans. Par ailleurs, les analyses de docking moléculaire ont confirmé que l'acide urocanique, l'acide gallique et la vanilline étaient parmi les molécules les plus actives contre des cibles enzymatiques impliquées dans l'activité antimicrobienne et antioxydante, soulignant le potentiel thérapeutique de J. thurifera. Afin de comprendre d’une part l’innocuité de l’usage de l’espèce et d’autre part d’expliquer sa vulnérabilité à la dégradation par rapport à une autre espèce du même genre, à savoir Juniperus phoenicea. Bien que les deux espèces aient démontré des propriétés anti-inflammatoires, une analyse toxicologique comparative entre les deux espèces révèle que J. phoenicea présente une toxicité rénale plus élevée, ce qui limite son utilisation médicinale. En revanche, J. thurifera montre un profil toxicologique plus favorable, ce qui le rend plus adapté à des applications thérapeutiques et confirmerait éventuellement l’origine intrinsèque de sa forte dégradation. Cette différence souligne l'importance de privilégier J. thurifera pour les préparations médicinales et renforce la justification pour sa conservation en tant qu’espèce avec un potentiel thérapeutique plus sûr. Les résultats montrent comment la dégradation impacte la régénération de l'espèce, l’éventail des potentialités thérapeutiques doivent soutenir les efforts de conservation en offrant des perspectives pour des utilisations médicinales. La préservation de cette espèce est donc cruciale pour une gestion durable des écosystèmes tout en tirant parti de ses atouts médicinaux.

Description

Keywords

Juniperus thurifera subsp. africana, Ecologie, Régénération naturelle, Dégradation, Conservation, Toxicité , Huiles essentielles , Activités biologiques

Citation