L’impact de la politique monétaire sur la croissance économique

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Toubkal : Le Catalogue National des Thèses et Mémoires

L’impact de la politique monétaire sur la croissance économique

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dc.contributor.author Tayeb, Achraf Amine
dc.description.collaborator Idali, Omar (Directeur de thèse)
dc.description.collaborator Gagou, Abdelmajid (Membre du jury)
dc.description.collaborator El Haddad, Mohammed (Membre du jury)
dc.description.collaborator El Marhoum, Adil (Membre du jury)
dc.description.collaborator Bouslihim, Aomar (Membre du jury),
dc.date.accessioned 2017-10-11T11:47:12Z
dc.date.available 2017-10-11T11:47:12Z
dc.date.issued 2015
dc.identifier.uri http://toubkal.imist.ma/handle/123456789/10731
dc.description.abstract L’étude de l’impact de la politique monétaire sur la croissance économique, une problématique appuyée par tous les courants de la pensée économique, se réfère à une liaison entre la sphère monétaire et la sphère réelle. En fait la politique monétaire est devenue une composante essentielle de la politique économique permettant aux autorités monétaires d’impacter certains agrégats macroéconomique. Selon sa stratégie d’intervention la Banque Centrale peut activer certains mécanismes de ce réseau pour atteindre prédéfinies sur la sphère réelle. Le niveau de croissance que les économies développées et certaines économies en développement connaissent semble être dû en partie à l’instrumentalisation des politiques monétaires et financières à travers les structures de transmission de l’objectif de croissance. En effet, les développements au cours de la dernière décennie ont modifié, dans le monde entier, les perceptions relatives aux politiques macroéconomiques souhaitables. La crise financière asiatique de la fin des années 90 et l’effondrement de l’économie argentine au tournant de la décennie et dernièrement la crise financière internationale ont prouvé que des stratégies monétaires pouvaient être associées à des processus macroéconomiques non viables susceptibles d’engendrer des crises. L’importance particulière accordée explicitement par les Nations Unies et la Communauté Internationale à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, et la nécessité d’assurer le financement du développement ont révélé la nécessité de changer l’orientation des stratégies économiques. Pourtant, le pragmatisme, dans un cadre propice à la croissance, et la souplesse, orientée par les besoins spécifiques de chaque pays, devraient être retenus comme principes directeurs, plutôt qu’une approche dogmatique «unique et universelle ». Mais la question fondamentale qui s’est posée aux grands nombres des quatre vingt neuf pays en développement est la suivante : comment assurer une croissance économique forte et durable tout en rétablissant l’équilibre de la balance des paiements en bénéficiant de l’accès normal aux sources de financement extérieurs dans un environnement international incertain ? La réponse à cette question n’est pas simple. Néanmoins, il s’est développé un consensus très large sur l’importance de la coopération internationale et sur la priorité à donner à la croissance économique dans les pays en développement. Cependant, On a un temps pensé que l’objectif essentiel de la politique macroéconomique était d’atteindre l’équilibre intérieur, à savoir le plein emploi, et l’équilibre extérieur, à savoir l’équilibre de la balance des opérations avec l’extérieur. En cas de chômage et de surcapacité dans l’économie, le but des politiques monétaires et budgétaires était de créer une expansion économique suffisante pour réaliser l’objectif du plein-emploi, au-delà, il y aurait eu un risque d’inflation en raison de l’insuffisance de l’offre. L’ouverture des économies complique le problème, non seulement en raison de l’incidence de l’expansion intérieure sur les opérations courantes de la balance des paiements, mais aussi du fait de ses répercussions possibles sur les mouvements de capitaux. Cependant, dans le cadre keynésien de base, la réalisation des équilibres intérieur et extérieur requiert non seulement l’utilisation des moyens d’action de la politique intérieure, mais aussi des taux de change. La politique monétaire s’inscrivait, dans cette stratégie de régulation de la demande globale et du taux de change; dans cette approche, la maîtrise de l’inflation n’était qu’un objectif parmi d’autres. Dans les pays en développement, la politique monétaire était au service non seulement du niveau général de l’activité économique et de l’emploi, mais aussi d’objectifs spécifiques tels que la garantie de l’investissement, y compris dans des secteurs déterminés, ou même la réduction de la pauvreté. La politique monétaire faisait alors partie intégrante des stratégies macroéconomique et de développement global et ne concernait pas uniquement la stabilisation des prix et la maîtrise de l’inflation, et encore moins le ciblage de l’inflation. Elle visait à renforcer l’offre dans des secteurs stratégiques, à améliorer les conditions de subsistance dans les secteurs employant une large part de la population active comme l’agriculture, à renforcer la création d’emplois productifs en offrant des crédits institutionnels aux petits producteurs dans tous les secteurs, etc. Ces objectifs restent des composantes essentielles des politiques monétaires et financières, mais ont été progressivement relégués au second plan par l’obsession de la stabilité des prix désormais considérée comme la mission principale de la politique monétaire. Ces objectifs plus larges et la question du financement dédiée au développement, doivent retrouver un nouveau souffle afin de permettre aux économies en développement de connaître une croissance durable et créatrice d’emploi. Néanmoins, des différences existent sur la politique économique à mener pour atteindre cet objectif et surtout sur le rôle et l’efficacité des instruments monétaires nécessaires à accroître l’épargne nationale et à assurer le financement de l’économie, C’est pour cela qu’il a fallu examiner les relations dynamiques entre la politique monétaire et la croissance économique. La politique monétaire est donc devenue la composante essentielle de la politique économique permettant aux autorités monétaires de modifier les variables macroéconomiques. Par ailleurs, la fin des années soixante-dix, les diverses écoles se rejoignaient pour accorder à la politique monétaire une influence sur l'activité économique, au moins à court terme. Les travaux empiriques semblaient alors confirmer le rôle dominant de la politique monétaire dans les variations conjoncturelles du produit : Friedman et Schwartz (1963), dans leur histoire monétaire des Etats-Unis, fournissaient une interprétation purement monétaire de crise de 1929 en mettant en évidence la forte corrélation de l'offre de monnaie au cours de cette période, ensuite les travaux de Anderson et Jordan (1968), et Sims (1972) retrouvaient l'antériorité de la masse monétaire par rapport au produit. Mais ce consensus quant à l'influence des chocs monétaires sur la sphère réelle s'est brisé au cours des années quatre-vingt. Les théoriciens du courant du cycle réels montrent qu'un modèle de croissance néoclassique perturbé uniquement par des chocs technologiques génère des propriétés cycliques proches des caractéristiques observées. Ce qui les conduit à dénier aux variables monétaires toute influence dans les fluctuations économiques. Cependant et suite aux vastes mouvements de libéralisation des marchés et ses conséquences en termes, d'élargissement de l'activité bancaire, d'intensification de la concurrence et d'accélération du processus d'innovation financière, la conduite de la politique monétaire se trouve largement modifiée dans la mesure où le développement du système financier a entraîné une refonte du paysage financier dans lequel opère la politique monétaire. Dans cet environnement, l'efficacité de la politique monétaire, dépend de la capacité des autorités monétaires à déterminer l'aptitude potentielle des canaux de transmission des impulsions monétaires. Les mécanismes de transmission des effets de la politique monétaire représentent l'un des grands mystères économique. L'étude des canaux de transmission de la politique monétaire permet d'élucider une partie de ce mystère en présentant les mécanismes par lesquels se transmettent les impulsions des autorités monétaires. Dans ce contexte, le Maroc a entrepris depuis les années 80 plusieurs réformes économiques et institutionnelles, notamment en matière de libéralisation des taux d’intérêt, des prix et du commerce extérieur ainsi que, d’assainissement des finances publiques et du système financier dans son ensemble. Il continue, par ailleurs, son engagement dans le commerce international par la conclusion de plusieurs accords d’association et de libre échange, dont celui établi avec les Etats Unis d’Amériques et qui constitue une autre étape dans le processus d’ouverture du pays sur le Reste du Monde, traduisant ainsi sa volonté de s'inscrire dans la dynamique de l'économie mondiale et, par conséquent, de mieux s'intégrer au contexte international. Certes, des efforts d’envergures ont été consentis, mais les résultats, malgré qu’ils soient satisfaisants, restent en deçà des objectifs escomptés. La croissance économique s’inscrit toujours dans sa ligne tendancielle modérée et reste insuffisante pour créer suffisamment d’emplois et de richesse. Ce qui montre que le Maroc se trouve aujourd'hui face à de nombreuses contraintes. Une mondialisation menaçante, une augmentation des prix des matières premières, une structure budgétaire prédéterminée par les dépenses de la dette et du fonctionnement, une administration peu efficiente, une infrastructure insuffisante…le contexte social est celui d'une paupérisation inquiétante, aggravée par un fort taux d'analphabétisme et par l'exclusion de larges couches de la population…le Maroc se trouve donc, en cette phase de transition, devant l'impératif du changement mais cela a besoin d'une volonté, mais bien entendu, elle a aussi besoin de ressources financières. La faiblesse de l'épargne nationale ajoutée à un système international de financement et de développement de plus en plus sélectif, fait des ressources financières internationales un besoin vital et nécessite une politique monétaire efficace assurant une croissance forte et durable. A cet effet, l’analyse de l’impact des politiques monétaire sur la croissance économique est d’une grande importance. Partant de là, l'objet de cette thèse est d’apporter un éclairage macroéconomique et international, en analysant (et en évaluant) économétriquement les effets la politique monétaire sur la croissance économique pour le cas du Maroc tout en choisissant un meilleur indicateur de la politique monétaire à l’aide des agrégats et des instruments monétaires et financiers sélectionnés sur la base des critères bien déterminés. Cette analyse, nous permettrons d’examiner la politique monétaire en vue de dégager les marges de manœuvres potentielles favorisant la croissance économique forte et durable. L'intérêt de notre étude se situe sur un double plan, théorique et empirique. Sur le plan théorique, l'intérêt est au cœur de la problématique de l’analyse des interactions entre la politique monétaire et la croissance économique en vue de faire un choix optimal de l'agrégat indicateur parmi les variables monétaires et financières susceptibles de mieux représenter la politique monétaire dont la variation peut être contrôlée par les autorités monétaires et auquel l'activité économique réelle est la plus sensible. Sur le plan empirique, et au delà de tout débat théorique relatif à l’étude de l’impact de la politique monétaire sur croissance économique, l'analyse économétrique semble la voie scientifique qui permet de trancher sur un tel fait. En prenant le Maroc pour une période allant de 1980 à 2013 comme cas d'étude, nous montrerons l’intérêt et le rôle du choix et de maniement d'une telle variable informatrice dans l'exécution d'une politique monétaire fiable et facilement contrôlable par les autorités monétaires et assurant une croissance économique forte et durable, et cela à travers des modèles constitues par diverses variables pertinentes dépendantes et indépendantes parmi des agrégats macro-économiques monétaires, financiers et budgétaires. A ce titre, l'objectif de cette étude est d'apporter un éclairage macroéconomique et international, en abordant les effets de la politique monétaire sur la croissance économique, et cela à travers la problématique suivante: Quelles sont les interactions entre la politique monétaire et croissance économique au Maroc? De cette problématique principale, on peut dériver les questions suivantes:  Dans quelle mesure la littérature théorique et empirique existante peut-elle évaluer l'impact de la politique monétaire sur la croissance économique ?  De quelles manières les impulsions monétaires se transmettent-elles sur les prix et sur l’activité économique ?  Quels sont canaux de transmission monétaire les plus efficace ?  Quelle est l’ampleur de l’impact de la politique monétaire sur le taux d’inflation et le taux de croissance ?  Existe-il des réponses différenciées aux impulsions monétaires selon les pays?  Quelle causalité entre les politiques monétaire et la croissance économiques au Maroc?  Que peut faire une politique monétaire pour maintenir la stabilité des prix, modérer les fluctuations et promouvoir une croissance économique forte et durable ?  Comment favoriser la croissance économique par le biais de la politique monétaire ?  Quelles sont les stratégies possibles et effectivement retenues par les grandes banques centrales pour rendre leurs actions monétaires plus efficaces?  Faut-il choisir une politique passive par le contrôle du taux d'intérêt ou une politique active par le contrôle de taux de croissance monétaire ou une combinaison des deux ?  Comment faire équiper un modèle par des variables explicatives significatives et comment procéder au traitement et à l'interprétation de leurs coefficients estimés ?  Comment les autorités monétaires doivent manipuler l'administration de ces variables afin d'exercer le contrôle et l'exécution d'une politique monétaire optimale ?  Enfin, on se demande si les autorités monétaires choisissent un seul indicateur de politique monétaire ou se doter d'indicateurs susceptibles aboutissant à une politique monétaire optimale, fiable et facilement contrôlable et exécutable, ou d'ignorer totalement le recours à un tel choix? Ces questions constituent les principaux éléments de notre problématique qu'est un champ d'investigation encore vierge. L'intérêt de cette recherche est justement de pallier à ce manque en apportant une modeste contribution à la connaissance de ce domaine. Pour élucider cette problématique, la méthode de travail adoptée consiste à partir du général vers le particulier, et du théorique vers l’empirique. Les raisonnements seront fondés sur l’observation, la description et sur l’analyse statistique. Comme il sera fait appel à des modèles économétriques. Par ailleurs, Il est important de commencer par comprendre comment, moyennant quelques étapes, on en est arrivé à cette domination de la sphère financière. Face à des phénomènes sociaux complexes, il y a beaucoup à gagner et à saisir les processus dans leur évolution en étudiant les circonstances et les mécanismes de l’élaboration de la politique monétaire. L’accent sera mis en particulier sur l’articulation des interactions entre la politique monétaire et la croissance économique pour le cas du Maroc. Cet aspect dynamique est, bien entendu, primordial car il présente l’intérêt de percevoir les évolutions positives et négatives éventuelles ainsi que les déséquilibres que le système peut susciter et le rééquilibrage qu’il implique constamment. L’aspect statique se taille, lui aussi, une place dans ce travail. Il s’agit enfin de compte de situer, décrire et expliquer le rôle et les modes de fonctionnement des canaux de transmissions monétaires. Dans le cadre de ce travail, nous sommes également attachés d’apporter des éclairages aux questions déjà citées en s’appuyant sur une démarche qui allie théorie et pragmatisme. Pour plus d’objectivité et de clarté scientifique dans l’analyse et le traitement des données, nous utiliserons principalement la méthode quantitative axés sur les techniques économétriques et statistiques. • L'architecture de la thèse : Ce travail a été articulé en amont par cinq chapitres afin de bien cerner la problématique de ce sujet, d’ailleurs nous avons examiné dans un premier chapitre, l’analyse de la demande de la monnaie par les différents courants théorique « Irving. Fisher, Alfred. Marshal, John Maynard Keynes et Milton Friedman », nous développerons ensuite les politiques monétaires préconisées par les principaux courants de pensé « Classiques, Néoclassiques, Keynésiens et Monétaristes » ainsi que, la stratégie de la conduite et les propositions de politique monétaire qui en découlent. En plus, nous avons analysé la détention de monnaie dans une optique transactionnelle et d’initier la demande de monnaie comme demande d’encaissement (approche Keynésienne), et de dévoiler la diversification du patrimoine et la demande de monnaie à travers l’analyse du modèle de Friedman. L’objectif poursuivie dans ce chapitre et de fournir l’ensemble des objectifs de la politique monétaire dont certains sont finals « sont ceux de la politique économique », d'autres intermédiaires, et en fin objectifs opérationnels, ainsi que les instruments et les typologies de la politique monétaire. Le but de cette analyse théorique s’oriente avant tous autour d’une meilleure compréhension et d’une pleine appréciation des développements spécifiques retrouvé au cours de notre recherche. Ensuite, on a consacré dans le deuxième chapitre l’étude des interactions théoriques entre la politique monétaire et la croissance économique en s’appuyant sur les modèles intégrant la monnaie dans les théories de la croissance exogène et endogène. En plus nous essayerons de montrer que, selon la littérature économique, la nature de l’environnement de politique monétaire est un facteur primordial pour déterminer le degré de la croissance économique et la qualité des performances économiques. Cependant, les modèles de croissance exogène seront les premiers à être employés pour analyser la relation entre politique monétaire et croissance économique. S’agissant des modèles du SOLOW, TOBIN, SIDRAUSKI et les modelés à générations imbriquées. Puisque la croissance est exogène, on se demande si la politique monétaire peut avoir des effets sur le niveau des variables d'état régulier. Le problème est celui de la superneutralité en niveau de la monnaie. En plus l’importance des facteurs monétaire et financier va être prise en compte dans une nouvelle catégorie de modèles de croissance endogène intégrant les variables monétaires et financières, en particulier le modèle de type AK ainsi que le modèle de Baro. A ce propos, de nombreuses études se sont intéressées à évaluer l’impact de l’environnement monétaire sur l’économie réelle et plus particulièrement sur les déterminants de la croissance pour pouvoir juger les implications de l’environnement monétaire sur les performances économique. En d’autre terme ce chapitre se propose de mener une brève revue de l'ensemble des travaux étudiant les divers aspects de la relation qui lie l’environnement monétaire et les déterminants de la croissance économique. D’un autre coté, le troisième chapitre a été consacré, dans un premier temps, aux mécanismes des transmissions monétaires pour mettre en évidence les points de réflexion en suspens. Pour y parvenir, on évoquera l’ensemble des fondements théoriques des canaux de transmission tout en analysant les effets de la politique monétaire sur la sphère réelle. Il va sans dire que les canaux de transmission monétaire sont clairement identifiés dans la littérature comme suit :  Le canal du taux d’intérêt : les fluctuations des taux d’intérêt court de la politique monétaire se transmettent autres taux de maturité plus longue. Les taux d’intérêt longs assurent le lien entre la sphère monétaire et réelle si bien qu’ils véhiculent les changements de la politique monétaire et à l’investissement et à la consommation.  Le canal du taux de change : ce canal confère une dimension internationale à la transmission monétaire les fluctuations du taux de change modifiant le coût de certaines relations commerciales sur la sphère réelle, en fonction de la régulation de la valeur externe de la devise concernée.  Le canal du prix d’actif : les variations des prix d’actifs modifient la richesse globale des ménages et la capacité à investir des entreprises. Il en résulte une modification de comportement de dépenses sur la sphère réelle.  Le canal du crédit : on distingue le canal des prêts bancaires et le canal du bilan. il permet de comprendre comment la politique monétaire affecte de manière plus au moins persistante le financement intermédiaire des activités réelles. Et afin de d’approfondir notre études, il est nécessaire de consacre, en second lieu, une grande important à la stratégie du choix de la politique monétaire entre taux d’intérêt ou les agrégats monétaires en appuyant sur les fondements théoriques du modèle de W. POOLE. Pareillement, dans le quatrième chapitre on a essayé de présenter et d’analyser de principales phases de l’évolution de la politique monétaire au Maroc. Pour y parvenir, nous toucherons dans ce chapitre à diagnostiquer l’évolution historique et spécificité de la politique monétaire mise en œuvre au Maroc, à travers une descriptive de chaque phase qui a marqué l’histoire évolutive de cette politique monétaire, et cela à partir de la période de 1956 à 1972 qui a été imprégné par la mise en place d’un cadre réglementaire et l’instauration des premiers instruments monétaires au vrai sens du terme. De surcroit, la période 1973-1982 a été façonné par l’aboutissement de la politique monétaire dans le tourbillon des fluctuations conjoncturelle. Après avoir souligné ces principales phases nous y aborderons également dans ce chapitre la période d’ajustement « 1983-1992 » par analogie avec les nouvelle perspective de la politique monétaire marocaine dans la période Poste-Ajustement. Enfin, dans le cinquième chapitre de ce travail, nous avons essayer de faire une analyse économétrique de l’impact des agrégats monétaire et des taux d’intérêt sur la croissance économique au Maroc. Notre ambition dans ce dernier chapitre et d’éclairer le contrôle des agrégats de monnaie et des placements liquides au Maroc, à travers une classification des agrégats de monnaie et des placements liquides au Maroc, aussi que les contreparties de ces agrégats monétaire et le rôle de la masse monétaire. D’autre part, nous aborderons l’impact du développement du secteur bancaire sur la croissance économique, et cela par l’étude de la structure du secteur bancaire au Maroc, la taille de son système ainsi que son activité principale. Finalement, et envie de mieux cerner ce chapitre, on a essayé de faire une étude économétrique entre les indicateurs de la politique monétaire et la croissance économique. CHAPITRE I : LES FONDEMENTS THEORIQUE DE LA POLITIQUE MONETAIRE La monnaie est l'objet, depuis longtemps, de débats, qu'ils concernent sa nature, d'une part, ou la manière dont on peut la contrôler et lui permettre d'influencer l'activité économique, d'autre part. Ces débats datent de la célèbre controverse sur l'or qui eu lieu entre 1797 et 1821, controverse déclenchée par la suspension, par la Banque d'Angleterre, de la convertibilité-or illimitée, et à prix fixe, des billets. C'est que d'aucuns, les « bullionistes », qu'on pourrait assimiler aux monétaristes d'aujourd'hui, affirmaient que cette mesure allait déclencher l'inflation. C'était, pour eux, qu'on allait baptiser la currency school, une façon d'affirmer le caractère externe de la monnaie, dont l'émission avait un caractère exogène. Puisque la quantité de billets en circulation était, en quelque sorte, déconnectée des réserves en or, cette émission était désormais à la discrétion de la banque centrale qui risquait fort d'en émettre beaucoup trop. Leurs opposants, les « antibullionistes » de la banking school, affirmaient qu'il n'y avait pas de risque d'inflation dans la mesure où la quantité de monnaie en circulation provenait de l'escompte des traites nécessité par les opérations commerciales, ce qui signifie qu'elle était émise en fonction des besoins de l'économie. En quelque sorte, pour eux, la monnaie était interne, puisque son émission était endogène. La querelle a perduré, nous la retrouvons, dans les années 1970, un peu partout dans le monde, lorsque les courants libéraux, mettant les politiques de type keynésien en accusation, reprochent aux autorités monétaires d'avoir mis trop de monnaie en circulation, alimentant ainsi l'inflation. C'est dire l'intérêt qu'il y a, aujourd'hui encore, à se préoccuper de la conception de la monnaie qui sous-tend les différentes politiques monétaires. Puisque, sur le marché de la monnaie, comme sur tout autre, se rencontrent une offre et une demande, nous évoquerons les analyses théoriques qui les concernent, et ce, dans une perspective historique, les approches d'aujourd'hui s'appuyant sur les limites de celles d'hier. Dans ce cadre, nous examinerons successivement, à travers ce chapitre, en premier lieu, l’analyse de la demande de la monnaie par les différents courants théorique « Irving. Fisher, Alfred. Marshal, John Maynard Keynes et Milton Friedman» (section I), puis nous développerons les politiques monétaires préconisées par les principaux courants de pensé « Classiques, Néoclassiques, Keynésiens et Monétaristes » (section II), ensuite nous éclairerons la stratégie de la conduite et les propositions de politique monétaire qui en découlent (section III). Bref et comme nous avons cité ou long de ce chapitre, la classification et l'utilisation des instruments de la politique monétaire, dépendent du cadre théorique et de l'orientation de la politique monétaire choisie par les autorités monétaires. Tous ces instruments ne peuvent être utilisés dans une économie simultanément, c'est ainsi qu'on ne retrouve pas certains de ces instruments dans d'autre pays. De plus, la pratique de la politique monétaire est bien différente de la théorie. Par ailleurs, l’économie monétaire est un champ très vaste qui s’appui sur deux cadres : un cadre théorique et un cadre opérationnel. Le premier fait l’objet de plusieurs confrontations et controverses, met en évidence la diversité des points de vue et des raisonnements. Cela se situe principalement au niveau de la définition de la monnaie ainsi qu’au niveau de sa demande. Plusieurs théories ont été données à la monnaie, et pour sa demande, plusieurs théories ont été élaborées et chacune a ses principes et ses caractéristiques. Le deuxième cadre, quant à lui, situe l’économie monétaire dans son contexte réel. Son objectif consiste à cerner pratiquement ce champ en abordant tout ce qui est concret et tout ce qui concerne l’évolution de l’économie monétaire comme les objectifs finals et intermédiaires, les instruments de la politique monétaire et la typologie de la politique monétaire. En sommes, l'objet de ce chapitre était d'étudier les principaux courants théoriques de la politique monétaire tout en essayant de voir quels sont ses objectifs intermédiaires et ses instruments. Les deux principaux courants théoriques sont le monétarisme et le keynésianisme qui s'opposent dans leur vision de la politique économique en général et de la politique monétaire en particulier sauf en économie ouverte où les deux approches se rejoignent dans leur énonce de la politique monétaire. En plus, il est important de signaler qu'actuellement, et suite aux profondes mutations du paysage économique, et financier, la politique monétaire est devenu l'objet de nombreux débats concernant notamment les mécanismes de transmission de la politique monétaire. CHAPITRE II : LES INTERACTIONS ENTRE LA POLITIQUE MONETAIRE ET LA CROISSANCE ECONOMIQUE Durant les années cinquante, la croissance économique était décomposée en trois facteurs : la croissance de l’offre de travail, la croissance du capital et la croissance des facteurs de productivité. Cependant, ce cadre d’analyse de la croissance ne parvient pas à expliquer l’évolution des différents facteurs au cours du temps. Autrement dit, il ne permet pas de déterminer les implications de l’évolution de chacun de ces déterminants sur la croissance économique. Ce n’est qu’à partir de la deuxième moitié des années cinquante que la théorie de la croissance est devenue plus claire sur cette question. S’agissant d’une présentation plus optimiste de Solow (1956). Il décrit un modèle de croissance naturelle. En effet, ce modèle fournit le point du départ de la théorie de la croissance. Autrement dit, la croissance peut être optimale sans intervention externe (publique). Cette théorie accorde plus d’importance à l’accumulation du capital, dont l’évolution dépend du comportement d’épargne et d’investissement des agents économiques. En d’autres termes, un taux d’épargne élevé réduit la consommation courante mais en contrepartie augmente le stock de capital. Ceci génère une hausse des revenus et par conséquent un accroissement de la consommation future. La structure du modèle néoclassique repose sur le fait que les firmes ne veulent plus acquérir de capital en raison de la baisse des rendements marginaux qui s’explique par le fait qu’il n’y a plus de facteur travail pour une unité supplémentaire du capital. Bien que le modèle néoclassique soit plus clair sur les évolutions des déterminants de la croissance, il souffre de plusieurs limites. Une des critiques qui fut adressée à ce modèle concerne l’intérêt accordé au progrès technologique. En sorte que, la théorie néoclassique considère le progrès technologique comme une variable exogène. Mais dans les années 1980 apparaissent les théories de la croissance endogène avec des auteurs tels que (Romer, 1986,1990) et (Lucas, 1988) qui vont remettre en cause certaines conclusions du modèle de Solow. Il s'agit de la prise en compte des externalités et du capital humain dans l'explication de la croissance et également, cette théorie considère le progrès technologique comme une variable endogène. Sans doute, les modèles de croissances endogènes ont permis de formaliser et plus explicitement le rôle de la politique monétaire dans le processus de la croissance économique. C'est à la faveur de la théorie de la croissance endogène que la politique monétaire prend une part importante dans la littérature de la croissance économique. De ce fait, l'introduction de la monnaie dans les nouvelles théories de la croissance a perpétué le clivage usuel entre les auteurs pour qui toute politique monétaire est vouée à l'échec et ceux pour qui, dans une tradition keynésienne, une politique monétaire expansionniste permet d'influer sur le niveau d'activité. Pourtant une évolution progressive aboutira à une analyse intégrée fondée sur une critique de la dichotomie qui caractérise les premières théories. Dans ce cadre, ce chapitre est subdivise en trois sections. Nous traiterons, dans les deux premières sections, les interactions théoriques entre la politique monétaire et la croissance économique en s’appuyant sur les modèles intégrant la monnaie dans les théories de la croissance exogène et endogène. Tandis que dans la troisième section, nous essayerons de montrer que, selon la littérature économique, la nature de l’environnement de politique monétaire est un facteur primordial pour déterminer le degré de la croissance économique et la qualité des performances économiques. Pour conclure ce chapitre, il reste à signaler que la nature de la relation entre la politique monétaire et la croissance économique a été traitée de différentes manières en raison de l’évolution de la théorie de la croissance durant les dernières années. Cette théorie a commencé avec les travaux de Solow. C’est la théorie classique de la croissance qui définit trois déterminants de la croissance : le capital, le travail et la technologie. Une des critiques qui fut adressée à cette théorie est relative à la variable « technologie ». Cette variable a été considérée comme une variable exogène. Cette faiblesse va être résolue par la suite par la théorie dite endogène. Ainsi, les modèles présentés tout au long de ce chapitre essaient de rendre compte de ces difficultés d’autant plus que l’enjeu principal est le rôle des autorités monétaires dans la régulation de l’activité économique à travers la politique monétaire. Par ailleurs, l'objectif de la stabilité de l’environnement de politique monétaire se justifie notamment au regard des mécanismes économiques suivants : Dans un environnement de politique monétaire stable, le marché alloue les ressources de manière efficiente. En effet, une grande volatilité d’environnement monétaire rend l'anticipation de l'évolution future des prix plus incertaine. Cette incertitude augmente donc la probabilité d'une allocation non efficiente des ressources ce qui engendre une baisse de l’investissement et génère une mauvaise performance économique. Par ailleurs, les taux d'intérêt à long terme incorporent de l'inflation anticipée. Si les marchés anticipent une inflation importante, celle-ci provoque une hausse des taux d'intérêt à long terme et, toutes choses étant égales par ailleurs, rend donc l'investissement plus coûteux. Ainsi, la stabilité de l’environnement de politique monétaire permet l'ancrage des anticipations, baissant les taux d'intérêt à long terme et favorisant par conséquent l'investissement, la croissance et l'emploi. Engendrant ainsi une bonne performance économique La limitation de l'érosion monétaire permet de conserver le pouvoir d'achat des agents économiques, favorisant la consommation, l'investissement et indirectement la croissance et l'emploi. En somme, la stabilité de l’environnement de politique monétaire ne saurait évidemment être présentée comme une condition suffisante de la croissance durable, qui dépendra avant tout des choix d'investissements technologiques et humains que l'on réalisera. Mais, qu'il s'agisse de garantir la rationalité de ces choix économiques ou d'assurer l'orientation de l'épargne qui les financera, elle en est une condition indispensable. CHAPITRE III : ANALYSE THEORIQUE DES MECANISMES ET DES CANAUX DE TRANSMISSION DE LA POLITIQUE MONETAIRE A L’ACTIVITE REELLE. La politique monétaire est une composante essentielle de la politique économique permettant aux autorités monétaires de modifier les variables macroéconomiques. Elle se situe désormais au cœur des débats relatifs aux mesures susceptibles de favoriser une croissance durable et la stabilité des prix dans l’économie. Il s’ensuit que, depuis quelques années, les économistes et les hommes politiques recommandent que l’objectif de stabilisation de la production et de l’inflation revienne à la politique monétaire. La littérature économique et financière s’attache davantage à étudier le niveau des taux directeurs décidé par les banques centrales qu’à la manière dont l'économie réelle réagit aux variations des taux d'intérêt. Pourtant, pour que la politique monétaire joue son rôle, il est souhaitable qu’il ait une fluidité des canaux de transmission entre la sphère monétaire et l'économie réelle. En effet, plusieurs variantes se sont développées dans le cadre des différents travaux empiriques en distinguant :  Une première variante s'est développée dans le cadre des travaux de recherche de fondements microéconomiques au modèle keynésien qui privilégie les mouvements des encaisses réelles comme canal des transmissions des chocs monétaires.  Une deuxième variante s'est développée parallèlement à la première. Elle remonte au modèle théorique de Bruner et Meltzer qui ont reconnu l'existence d'un canal supplémentaire passant par la quantité de crédit. Les mécanismes décrits dans cette littérature sont communément rassemblé sous l'étiquette « canal du crédit » de la transmission monétaire.  La prise en compte des relations commerciales et financières avec l'étranger permet de définir un nouveau mécanisme capable de transmettre les impulsions de la politique monétaire à savoir le canal du taux de change. Il présent un élément important dans les modèles macroéconomiques conventionnels ouverts permettant aux autorités monétaires de modifier significativement l'activité économique, ce canal de transmission a été très soutenu par les travaux de Robert, Flood et Rose en 1999. Mais, les canaux de transmission de la politique monétaire, sont variables d'une économie à l'autre et se modifient au sein d'une même économie en fonction des changements structurels, se trouvent par conséquent affectés. Ceci entraîne une modification dans leur capacité de transmission monétaire. A ce niveau, ce chapitre est subdivisé en deux sections, dans une première section on traitera les fondements théoriques des canaux de transmission monétaire. Tandis que la seconde section de ce chapitre est une esquisse de synthèse des travaux sur la stratégie du choix de la politique monétaire entre le taux d’intérêt ou la base monétaire, tout en analysant les conditions de l’efficacité et les limites de la politique monétaire en termes de la croissance économique dans le cadre des mutations financières Par conséquent, il importe de relever que l’étude des canaux de transmission de la politique monétaire est d’une grande importance pour aider les autorités monétaires à bien évaluer l’incidence de leurs actions sur l’activité économique. Dans ce cadre, nous parvenons de présenter, au cours de ce chapitre, les principaux canaux de transmission de la politique monétaire et comment ils agissent sur l'activité économique. Le canal du taux d'intérêt ne tient pas compte de la structure financière du pays. De plus, il est présenté dans le cadre d'économies où le rôle des marchés est important et en information symétrique. Les canaux du crédit sont présentés en information asymétrique qui exclut l'hypothèse de parfaite substituabilité entre le financement interne et le financement externe. La prime de financement externe est sensible aux chocs monétaires (canal large du crédit). Le crédit bancaire et l'endettement obligataire sont imparfaitement substituables tant pour les prêteurs que pour les emprunteurs (canal étroit du crédit). Le canal du crédit intervient au travers de deux variables qui sont: l'offre de crédit bancaire et la richesse des agents non financiers. Il montre l'importance du rôle des institutions financières. Le mécanisme de transmission de la politique monétaire se trouve encore enrichi lorsque sont prises en compte les relations commerciales et financières internationales en économie ouverte, l'articulation des secteurs réels et monétaires implique une nouvelle variable, le taux de change, qui répercute le prix des devises étrangères en monnaie nationale. L'étude de l'impact des innovations financières sur les canaux de transmission de la politique monétaire nous a permis de dégager une atténuation considérable de leurs importances dans la transmission de la politique monétaire. La conséquence se manifeste à travers l'apparition d'un écart entre les objectifs fixés et les objectifs atteints qui pousse les autorités monétaires à modifier la conduite de la politique monétaire de façon à intégrer les innovations financières. Ce faisant, on assiste à une utilisation plus fréquente de certains canaux par rapport à d'autres qui deviennent abandonnés. Cependant, afin de pallier les inconvénients d’une structure monétaire instable qui constitue le facteur le plus important des déséquilibres économiques, il faut que les autorités monétaires utilisent des règles simples et précises compréhensibles par l’ensemble des acteurs économiques et un indicateur monétaire chiffré servant de critère de performance. pourtant, ce choix à lui seul ne suffit pas pour s’assurer que la politique monétaire sera nécessairement efficace si l’environnement dans lequel la politique appliquée n’est pas propice et la croissance nécessaire de l’objectif intermédiaire et opérationnel pour atteindre l’objectif final souhaité ne sera pas atteinte, même si l’indicateur montre que la politique respecte les décisions prises, qu’il soit d’inspiration Keynésienne ou d’inspiration Monétariste. Il faut donc, examiner le plus exactement possible dans lequel contexte optimum les autorités monétaires peuvent exercer leur prérogatives pour que la politique mise en œuvre soit la plus efficace. Cette situation est très intéressante surtout pour le cas des pays en développement comme le Maroc où l'innovation financière commence tout juste à se développer ce qui nous amène à étudier dans la prochaine partie le processus d'innovation financière et son impact sur la politique monétaire Marocaine à des fins de croissance. CHAPITRE 4 : EVOLUTION HISTORIQUE ET SPECIFICITE DE LA POLITIQUE MONETAIRE MISE EN ŒUVRE AU MAROC. Dés les premières années de l’indépendance, en 1956, le royaume a fait un choix libéral. En effet le Maroc pratique une économie libérale, dans laquelle le rôle de l’état, reste prépondérant. Après quelques mesures d’ordre idéologiques dues à un gouvernement de gauche, au début des années soixante (décrochage du dirham par rapport au franc ou suppression de la zone franche de Tanger) et les mesures de marocanisation des années soixante dix, le Maroc s’engage résolument, dans les années quatre vingt, sur la voie de l’ajustement structurel imposé par les instances financières internationales notamment le FMI. Il est parmi les pays qui cherchent à axer leur développement sur les forces du marché et sur l’entreprise privée. En libéralisant son économie et en mettant en place un cadre de réformes institutionnelles et de mise à niveau de son économie, il se veut un pays attractif pour les investisseurs et cherchant à s’intégrer davantage dans l’Union Européenne. De ce fait, le Maroc a adopté certaines politiques a fin de relancer sa croissance économique, cette nouvelle conception confie à l'Etat la mission de guidage de l'économie sur le chemin du bien être collectif, par une régulation de la conjoncture sur la base des politiques monétaires. Dans ce contexte, le Maroc a fait, au début des années quatre vingt, face à une sérieuse crise économique. Les réserves officielles brutes étaient pratiquement épuisées et le pays a été obligé de demander le rééchelonnement de sa dette extérieure, face à la détérioration de sa situation économique et à l'aggravation des déséquilibres financiers, tant intérieurs qu'extérieurs, le Maroc a alors procédé à une réorientation de sa politique économique en décidant d'accorder une place plus importante au secteur privé et aux mécanismes du marché, et de permettre une plus grande ouverture à l'économie. L'option libérale s'est d'autant plus imposée que, depuis la crise de la dette de 1982, l'attribution de crédits officiels aux pays en développement a été conditionnée par le désengagement de l'État de l'économie. A ce titre, la politique monétaire, rappelons-le, est un des leviers principaux de la régulation économique. A travers ce levier, les autorités monétaires cherchent à réguler le stock monétaire (volume et conditions de circulation monétaire) afin d’agir sur les variables économiques (prix, production, emploi, équilibre externe). Cette action suppose ainsi la mise en application d’instruments efficaces, et s’exercice normalement dans le cadre d’une autonomie de décision des autorités monétaires. Efficacité de régulation monétaire et autonomie de décision constituent donc, deux conditions essentielles d’une véritable politique monétaire. Dans ce chapitre, et en vue d’encercler la politique monétaire, il y a lieu d’abord de dévoiler les difficultés de la mise en œuvre d’une politique monétaire au Maroc durant la période antérieur à l’ajustement (section I), ensuite, nous aborderons les mesures du programme d’ajustement structurel et la naissance d’une politique monétaire rigoureuse comme période d’ajustement « 1983-1992 » (section II), en finalisant par l’étude des nouvelles perspectives de politique monétaire marocaine tout en traitant aussi les principales réformes de la régulation de cette politique monétaire (section 3). En définitive, on peut dire que la politique monétaire marocaine a connu des changements majeurs depuis la fin des années quatre vingt. Après le programme d’ajustement structurel, le Maroc s’est engagé dans une série de réformes qui s’est soldée par l’introduction de nouveaux mécanismes et instruments relatifs à la pratique de la politique monétaire. La politique monétaire menée par les autorités marocaines a permis, à l’instar des autres pays ayant connu des taux d’inflation élevés au cours des années quatre vingt après le choc pétrolier, de maîtriser la hausse des prix depuis la décennie quatre vingt dix. Cependant, cette politique reste marquée par des distorsions qui ont limité ses effets sur les mécanismes de financement de l’économie et partant, sur la croissance économique. La dynamique récente du système financier et l’autonomisation de l’institut d’émission (Bank Al Maghrib) constituent une première phase pour pallier aux contraintes dans ce domaine. Le système financier marocain a fait l’objet d’une profonde réforme, depuis le début des années 90, à travers le décloisonnement des marchés de capitaux, la réforme du cadre réglementaire des banques et du marché monétaire. Ainsi une nouvelle loi bancaire a été établie en 1993 et s’est traduite par le désencadrement du crédit, la suppression progressive des emplois obligatoires, Il s’agit de la mise en place des opérations d’Open Market, de la création de deux instruments pour la réglementation de la demande de monnaie centrale et de la création du marché des adjudications des bons de Trésor, qui a permis la réduction du seigneuriage. A côté de cela, la conception de la politique monétaire a aussi changé. Depuis 1998, l’objectif principal de la politique monétaire est la stabilité des prix, et depuis 2001, la banque centrale n’a accordé aucune avance au Trésor. Ce qui peut se qualifier par une politique monétaire autonome, libérée de la dominance fiscale et budgétaire. Ce contexte a été favorable à une réforme des statuts de la banque centrale. L’objectif de cette révision des statuts est d’accentuer l’indépendance de la banque centrale et par conséquent celle de la politique monétaire. CHAPITRE V : ANALYSE ECONOMETRIQUE DE L’IMPACT DES AGREGATS MONETAIRE ET DES TAUX D’INTERET SUR LA CROISSANCE ECONOMIQUE AU MAROC. La politique monétaire cherche principalement, comme en a vu dans les chapitres précédents, à réguler la quantité de monnaie en circulation, de façon à satisfaire des objectifs parfois contradictoires de croissance, de production, d’emploi, et de stabilité des prix et des changes. Mais, de ne suffit pas de définir clairement l’objectif de la politique monétaire pour améliorer sa crédibilité, il est aussi essentiel d’assurer le public que les autorités monétaires sont réellement motivées pour atteindre l’objectif fixé. Quelles variables faut-il donc choisir pour stimuler cette politique et comment est-il possible de moduler l’émission monétaire en fonction des objectifs suivis pour l’exécution d’une politique monétaire exacte ? Autrement dit, ces variables peuvent- elles être utilisés simultanément ou, au contraire s’excluent-elle mutuellement pour atteindre une grande efficacité de la politique monétaire ? Pour cela, il nous a paru premièrement utile d’examiner le contrôle des agrégats monétaire au Maroc. L'objet d'une telle démarche est d'essayer de déterminer la capacité potentielle de dépense des agents économiques, dont l'activité principale est d'intervenir sur le marché des biens et services, de produire, d'acquérir, de vendre et d'épargner. C'est-à-dire ceux dont l'action joue un rôle majeur sur la croissance économique et l'inflation (section 1). Deuxièmement, l’utilité d’étudier l’impact du développement du secteur bancaire surtout sur la croissance économique, constitue un point fort dans ce dernier chapitre ; sans doute les banques forment un domaine vital de l'activité économique, et surtout en tant qu’un acteur fondamental contribuant à la réalisation des objectifs de la politique monétaire tracer par la banque centrale. Elles permettent d'allouer une plus grande quantité d'épargne aux investissements et par conséquent ont un effet positif sur la croissance. Cette allocation est plus optimale par rapport à un système où les banques sont peu développées. Sur cette optique, il s'avère nécessaire d'analyser l'évolution du secteur bancaire au Maroc et de côtoyer par la même occasion l'impact de ces réformes sur sa structure, sa taille, son activité et sa solidité afin de démonter sa contribution dans le développement de la croissance économique du pays (section 2). Finalement, le choix entre un certain niveau du taux d’intérêt et un agrégat monétaire constitue une action primordiale pour la politique monétaire en particulier et la politique monétaire dans son ensemble. Il s’agit des choix d’une variable stratégique et / ou instrumentale dont le maniement influence des activités économiques. A ce niveau, on se demande donc, par le biais des modèles économétriques, qu’il est le degré de l’impact de ces deux variables monétaires (taux d’intérêt et agrégats monétaires) sur la croissance économique au Maroc (section 3). Pour conclure la politique monétaire apparaît facile à exécuter avec la détermination précisée, des liaisons qui existent entre les différents indicateurs économiques, ainsi que la connaissance parfaite de cette politique par le bais des autorités monétaires. Or, l’évaluation des mesures de politiques monétaires peut se faire, par le calcul d’un indicateur simple ou par l’observation et le suivi des variables monétaires (masse monétaire et taux d’intérêt), à condition que les informations quantitatives possédées par les autorités monétaires et les informations supplémentaires données par l’indicateur choisi, permettent la détermination parfaite de la politique monétaire optimale. A travers les différents modèles économétriques fondés sur l’utilisation respectives de l’agrégat monétaire et du taux d’intérêt comme indicateur de la politique monétaire, il ressort que l’agrégat monétaire M3 est un meilleur indicateur que le taux d’intérêt, d’après les résultats de régression des modèles économétriques, en ce qui concerne l’action des mesures de politique actuelles sur le niveau de l’activité économique. Cela est dû au caractère de la variabilité des politiques monétaires et budgétaire nécessaire pour faire du taux d’intérêt un meilleur indicateur que la masse monétaire. TABLEAU: COMPARAISON ENTRE LES COEFFICIENTS DE REGRESSION DE L’AGREGAT MONETAIRE M3 ET LES TAUX D’INTERET Elasticité du PIB par rapport au M3 Elasticité du PIB par rapport au TMI Elasticité du PIB par rapport au TXCT PIB en terme nominal (avec l’ajout des variables budgétaires) 0.329817 0.004259 0.008014 PIB en terme Réel (avec l’ajout des variables budgétaires) 0.637734 -0.005047 -0.008413 Pour conclure cette étude, qui consiste d’analyser l’impact de la politique monétaire sur la croissance économique en étudiant la relation qui existe entre les différents indicateurs de la politique monétaire ; agrégats monétaires, taux d’intérêt et l’activité économique représenté par les produits intérieurs bruts en terme réel et en terme nominal et aussi de déterminer parmi tous les indicateurs monétaires le meilleur indicateur idéal qui permet de comparer les différentes mesures de la politique monétaire et d’interpréter celles prises par les autorités monétaires, nous pouvons dire que la politique monétaire constitue un axe prioritaire du fonctionnement des économies modernes de la pluparts des pays de cette planète. Elle est indispensable à tous les phénomènes financiers qui conditionnent les économies réelles. Cependant, nous pensons que dans la réalité, l’incertitude d’une réalisation de la politique monétaire optimale apparaît et avec elle le besoin d’un indicateur, ce dernier doit être vidé de toutes les influences endogènes qui rétroagissent sur lui. Il doit être encore apprécié de façon indépendante de la conjoncture pour constitue un guide valable de l’action de la politique monétaire. Dans ce contexte, la politique monétaire marocaine vise à assurer la stabilité des prix et à défendre ainsi le pouvoir d’achat de la monnaie au service de tous les secteurs de l’économie marocain. Donc il contribue à renforcer la compétitivité de l’économie marocaine, à lui fournir de bonnes conditions de financement favorable à la croissance économique et à la création d’emploi. Afin de réaliser cet objectif final, Bank-AL- Maghrib se réfère à un ensemble des objectifs intermédiaires. Ce que confirme que la principale contribution de la politique monétaire à la croissance économique repose sur le fait que cette dernière permette d'assurer le fonctionnement d'un système de paiement efficace et évolutif, mobilisent l'épargne et améliorent son affectation à l'investissement. L'existence d'un moyen d'échange fiable est une condition nécessaire de la croissance économique. La politique monétaire évolue en parallèle et en interaction avec la croissance économique. Cette dernière entraîne des gains de productivité, mais aussi une ouverture continue de nouveaux marchés, une complexité croissante des échanges qui renforcent la monétisation des économies, qui est nécessaire à son tour pour soutenir le volume de l'activité économique. Par ailleurs, le développement des marchés financiers ou d'intermédiaire bancaires peut assurer une meilleure mobilisation de l'épargne disponible et soutenir ainsi la croissance économique. Il facilite notamment l'agglomération des ressources financières de l'économie. Ceci permet aux intermédiaires financiers de diversifier les risques associés aux projets d'investissement individuels et de proposer aux épargnants des placements à rendements plus élevés. Ceux-ci favorisent la détention de l'épargne sous forme financière, plutôt que sous forme d'actifs réels peu rentables. Cette réorientation de l'épargne peut à son tour renforcer davantage le développement du système financier. Des modèles basés sur la théorie de la croissance endogène permettent de formuler les interactions entre facteurs monétaire et financiers et la croissance économique en réintroduisant le rôle primordial de l'intermédiation financière dans l'amélioration de l'allocation des ressources. Contrairement aux analyses basées sur la croissance endogène qui suggèrent une influence causale du développement financier sur la croissance, les analyses traditionnelles insistent plutôt sur le rôle passif du système financier, qui s'adapte aux besoins du financement du secteur réel de l'économie et accommode le développement autonome de celui-ci. Ce développement financier "induit par la demande" conduit à un élargissement continu des marchés et une différenciation croissante des produits qui exigent une diversification plus efficace des risques et une meilleure maîtrise des coûts des transactions. Ainsi, ce type de développement financier joue un rôle permissif dans le processus de croissance. Nous retiendrons d’un autre coté, que l'inefficacité de la politique monétaire s'explique par son faible impact sur la demande globale : seuls les investissements sont sensibles aux variations du taux d'intérêt. De plus, une très forte élasticité est requise pour que les mesures monétaires aboutissent à des variations conséquentes de l’investissement. L’incapacité de la politique monétaire à contrôler le prix s’explique par les effets contradictoires qu’elle exerce sur cette variable. Toutefois, on peut dire que nous avons rempli notre objectif de départ qui consiste à offrir des explications et des fondements de l’impact de la politique monétaire sur l’activité économique. Finalement, le choix d’indicateur de la politique monétaire doit se faire en ayant toujours à l’esprit le risque de commettre une erreur d’interprétation de l’action exercée par les mesures de politique, et de déterminer parmi les variables monétaires celles qui minimise ce risque et qui permet les jugements les moins mauvais. De plus, il ne faut se priver d’aucune information et l’exploiter directement pour atteindre l’objectif final fixé par les autorités monétaires fr_FR
dc.language.iso fr fr_FR
dc.publisher Université Mohammed V, Faculté des sciences juridiques économiques et sociales-Rabat fr_FR
dc.subject La politique monétaire, fr_FR
dc.subject La croissance économique. fr_FR
dc.title L’impact de la politique monétaire sur la croissance économique fr_FR

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